Extrait d'article publié dans La Capitale par Sébastien Hellinckx

Vendredi 12 juin 2020

Article complet

Nicola Hatefi, à 29 ans vous êtes l’un des présidents les plus jeunes de Belgique. Pourquoi avoir accepté de reprendre le flambeau ?

Je me sens bien dans le club, tout d’abord. Je vais entamer ma septième saison et c’est comme si j’étais chez moi. Cela faisait déjà quelques années que j’étais proche du président, que je participais à quelques réunions afin de représenter le club. Administrateur au sein de l’Entente des clubs de Bruxelles, présent dans le comité du Léo depuis trois ans et, enfin administrateur du club depuis un an : je disposais déjà d’un certain statut, de plusieurs casquettes intéressantes. Lorsque nous en avons discuté avec les autres administrateurs et le CA, on m’a alors demandé de reprendre ce rôle.

La succession de Maître Maricq, une icône du football bruxellois, ne sera toutefois pas évidente…

Ce qui est certain, c’est que cela sera différent. Nous ne sommes pas de la même génération et, de temps en temps, nous ne pensions pas de la même manière. Mais l’avantage que j’ai, c’est que nous discutions énormément ensemble ces derniers mois. À ses côtés, j’ai beaucoup appris ; il m’a énormément conseillé. Et puis, je suis quelqu’un d’ouvert et je prends conseil auprès de personnes importantes du foot bruxellois, comme René Kruys (NDLR : président de Jette) ou Marc Roosens (secrétaire du CP Brabant). Je n’avancerai pas à l’aveugle. De plus, je ne vais pas tout révolutionner, nous allons, avec le comité et le CA, travailler dans la continuité de ce qui avait déjà été mis en place.

Être président à 29 ans, est-ce une force ?

Je pense que oui. J’ai certes 29 ans, mais je suis très bien entouré au Léopold avec des gens qui connaissent leurs différentes tâches. Avant de prendre une décision, je consulte. Finalement, avec la disparition de Jacques Maricq, c’est toute une génération du Léo qui s’arrête. Un vent nouveau va ainsi souffler sur le club. À nous d’être à la hauteur de ce qu’on attend de nous.

Finalement, Nicola Hatefi était le digne successeur du président Maricq.

Quelques mois avant son décès, il me présentait en effet comme son successeur. J’aurais préféré qu’il soit toujours présent à nos côtés, car je l’appréciais énormément. Et finalement, lorsqu’il a fallu coucher le nom du nouveau président, les trois autres administrateurs ont été unanimes en me poussant à endosser ce costume. De par mes connaissances et mon carnet d’adresses, notamment.

Malgré ce nouveau statut d’homme fort du club, vous resterez également gardien de l’équipe première. Cette double casquette ne vous fait-elle pas peur ?

Je devrai faire la part des choses, j’en suis conscient. C’est également pour cette raison que je suis content d’avoir attiré un coach du calibre de Georges Sakalis, qui lui aussi est capable de faire la part des choses. Lorsque je mettrai un pied dans le vestiaire avec mon sac, je ne serai plus le président. Je serai Nicola Hatefi, joueur du noyau du Léopold. Si je dois être sanctionné, je le serai. Si je dois payer une amende, je payerai. Si je dois être sur le banc, je serai sur le banc.

Qu’en est-il de votre brassard de capitaine que vous portiez depuis trois saisons ?

Afin d’éviter tout malentendu, je remets mon brassard. Pour le bien du club, pour le bien de tous. Un autre joueur devra assumer ce rôle. Je resterai un des leaders du vestiaire, car c’est ma personnalité, mais nous aurons besoin d’un capitaine capable de hausser le ton. Et surtout : tous les transferts me connaissent, savent que je serai le président mais, avant tout, leur partenaire.

En tant que président, quelles ont été vos premières tâches ?

J’avais déjà endossé le costume de président faisant fonction au décès de Jacques Maricq. À partir de là, avec les gens qui m’entourent, nous avons commencé à composer le noyau de cette saison. Certains transferts doivent encore débarquer dans les prochaines semaines et nous disposerons, alors, d’un groupe avec une fière allure. J’ai également vu, avec le CA, comment se portait la santé financière du club, tout en nommant de nouveaux coordinateurs, tant à Woluwe qu’à Uccle.

Uccle, une commune que l’équipe première retrouve sept ans après l’avoir quittée.

C’était important pour les jeunes du club. C’est également différent du stade Fallon. Nous avons été superbement bien accueillis là-bas. C’est un stade magnifique, mais fort ouvert. Nous voulions retrouver un terrain plus chaleureux, plus convivial. Toutefois, les jeunes qui évoluaient à Woluwe continueront de jouer là-bas. Nous n’abandonnerons personne !

Avec cette descente en P1 et l’avènement d’un nouveau président, peut-on parler d’un retour à zéro au Léopold ?

Non, je préfère parler de nouveau chapitre. Un retour à zéro dénigrerait le travail fait jusqu’ici. Ce qu’on va par contre faire, c’est écrire nos propres pages. Et tout mettre en œuvre pour retrouver la Nationale, un échelon où le club a sa place. Néanmoins, nous avons également mérité cette descente en P1. À court terme, oui, j’aimerais voir le club retourner en D3 amateurs, mais je ne pense pas que le Léo sera un candidat au titre dès la saison prochaine.

En tant que président, quels sont vos principaux projets ?

Recréer une ambiance de groupe au sein de l’équipe première et une ambiance de club. Tout ne se fera pas en un jour, évidemment, mais bien sur plusieurs années.

Et les jeunes dans tout cela ?

Là aussi, nous voulons franchir un cap. Les résultats sportifs étaient en deçà ces dernières années, alors que le Léopold est reconnu pour sa formation. Il s’agira, là aussi, de remonter la pente, en axant à nouveau les objectifs en termes de formation. Avec le CA, nous aimerions aussi que les jeunes du club reçoivent leur chance en équipe première.

Nicola Hatefi